Les systèmes judiciaires et carcéraux en tant qu’institutions colonialistes: Tout leur système doit tomber!

Avant tout, les systèmes judiciaires et carcéraux imposés actuellement aux peuples autochtones représentent un biais colonial, par le fait même qu’ils se permettent de juger et d’incarcérer des personnes qui ne reconnaissent pas ce système légal et se voient jugées par un système de justice qui ne les représente pas (justice alternatives, justice spirituelle, etc). « Cette situation découle de la colonisation, de la création d’un système de réserves et de la Loi sur les Indiens, qui ont entraîné l’établissement de structures administratives non traditionnelles dans les collectivités. Nombre de collectivités autochtones contemporaines affichent une stratification sociale et des niveaux de criminalité et de désordre accrus. » (LaPrairie, 1996).

De plus, ce système ayant été créé pour et par des personnes majoritairement « blanches », ces dernières bénéficient de privilèges et d’une plus grande protection lors des interactions avec la justice et l’autorité en général que les autochtones. Les membres de premières nations ont également plus de chance d’être incarcéré-es et d’y retourner après leur libération.

Cette réalité, critiquée dans le rapport « Création de choix » (1990) a donné lieu à la création de centres de guérison. Cependant, ces centres reproduisent les rapports de pouvoirs issus du colonialisme, par les mesures autoritaires qui y restent liées.

Au sein de ce système légal non-reconnu, les adultes autochtones sont surreprésenté.e.s dans les prisons:

– Entre 2013 et 2014, les membres de Premières nations, les métis et les Inuits ont constitué 24% des nouvelles détentions dans les services correctionnels provinciaux et fédéraux, alors qu’illes ne composent que 3,8% de la population adulte canadienne. Pour la même période, l’admission en détention des adultes autochtones aux services correctionnels fédéraux comptaient pour 20% du total d’admissions.

– Dans les prisons pour femmes, les chiffres grimpent, en 2013-2014, les femmes autochtones représentaient 36% du total des détentions après condamnation au «Canada», alors que les hommes en représentaient 25%.

Au « Canada », les provinces ayant maximisé le recours à des peines ne misant pas sur la détention, surtout pour les infractions mineures, possèdent une population carcérale où les autochtones sont moins surreprésenté-es  comparativement à d’autres provinces, telle que l’Alberta, ayant mises en place des stratégies contraires. En effet, les condamnations qui contribuent à cette surreprésentation sont souvent liées au défaut de paiement des amendes, aux infractions administratives (non-comparution, manquement aux conditions de la probation) et aux infractions contre l’ordre public.

La protection du citoyen a d’ailleurs récemment fait une sortie publique pour dénoncer les conditions de détention des Inuits au « Québec », qui sont jugées inhumaines en considération des conditions de vie atroces imposées et de l’absence d’accès à une hygiène de base1. Le système à deux vitesses que subissent les personnes autochtones est un exemple clair des conséquences du colonialisme et de l’indifférence avec laquelle les autorités traitent les autochtones, qui sont toujours relégués au second plan.

Il faut également noter le contexte de lutte pour la protection des terres ancestrales contre les grands projets liés aux ressources naturelles tels que le Plan Nord, les projets de transport pétroliers, d’exploitations gazières, de coupe forestières etc. Au « Canada », comme ailleurs, la répression des luttes liées au territoire et à la terre s’illustre non seulement par les déplacements forcés, mais également par la judiciarisation de celles et ceux (dans la plupart des cas, les peuples autochtones) qui s’opposent à la cession de leurs terres.

La situation actuelle est alarmante, il est temps que la solidarité se concrétise. Nous devons prendre conscience de l’inefficacité du système judiciaire colonialiste et lutter contre  cette forme de domination qui s’ajoute à toutes les violences déjà subies par les membres des Premières Nations.

*Ce texte a été écrit en territoire non cédé de la nation Mohawk

1 DUFRESNE, Julie. Février 2016. Les conditions de détention des Inuits sont inhumaines, dénonce la protectrice du citoyen. [En ligne]. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2016/02/18/001-inuits-conditions-detention-inhumaines-protecteur-du-citoyen.shtml

Pour poursuivre la réflexion :

LaPrairie, Carol. 1992. La surreprésentation des autochtones dans les établissements correctionnels et ses répercussions sur la prévention du crime.  Ministères de la Justice du Canada

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